samedi 10 octobre 2015

Un cœur innocent


Dans la nuit de samedi à dimanche, j'ai eu un rêve très fort. Un de ces rêves où, au réveil, on sent qu'il recèle un message important pour son parcours de vie. Ce voyage intérieur, je souhaite le partager.

Enfant, je garde le souvenir de moments heureux et joyeux à la campagne, durant l'été. Notamment quand j'avais 5, 6 ans. Ma grand-mère m'emmenait en voiture chez une de ses amies - sans doute pour y prendre le thé - et moi, pendant ce temps-là, je jouais dehors, dans le jardin, avec son petit-fils, un petit garçon tout blond, une vraie tête d'ange. Je n'ai jamais revu ce petit garçon. Je suis même incapable de dire si je l'ai rencontré plusieurs étés de suite, ou juste un. Jusqu'à son nom m'a échappé.
Et pourtant, ces moments sont restés ancrés en moi comme un des moments les plus beaux de mon enfance. Sincèrement, je ne sais jusqu'à quel point ces souvenirs -assez flous c'est certain- sont inventés ou réels. Mais qu'importe dans le fond?  La réalité est celle que je ressens aujourd'hui à l'évocation de ce soleil qui nous environnait tous les deux, un petit garçon et une petite fille, tous deux blonds comme les blés, heureux de jouer ensemble, un moment, dans la campagne estivale.
Parfois je repense à lui et cherche à me rappeler son nom. Rien ne me revient. Cependant, je garde au fond de moi ce souvenir comme l'un des plus précieux, et c'est vers ce dernier que je tends, perpétuellement.

Et puis, samedi dernier, je fais ce rêve. Dans ce rêve, je ne suis plus adulte et pour la première fois, c'est moi à 5 ans. Je suis chez moi, à la campagne, tel que c'était quand j'étais enfant. Je suis dehors, sous le soleil bien agréable mais pas trop chaud, comme il l'était à l'époque. Et je suis avec lui. Nous sortons de la maison et allons observer la nature. Il me montre dans ses mains un petit hérisson qu'il vient de trouver. Je l'observe, émerveillée. Et nous rions, rions, si heureux de notre découverte, de notre trésor, si heureux de vivre et de jouer, entièrement dans l'instant, ne pensant à rien d'autre. Je lui montre que je m'installe dans un coin du jardin pour observer les insectes, et lui alors a envie de faire de la bicyclette. Il revient, fier comme Artaban sur la bicyclette, faisant des "acrobaties", alors que moi je suis plongée dans l'observation de petites musaraignes, essayant de percer leur monde si mystérieux. Nous sommes heureux. Nous jouons chacun de notre côté, chacun avec ses jeux, mais l'un à côté de l'autre, et le sachant. Et cela nous suffit.

Au réveil, j'ai un grand sourire aux lèvres. Je viens de trouver une clé.

Mon premier bonheur vient d'avoir totalement renoué avec la petite fille que j'étais. À la différence de ce qui se passe dans ces cas-là, ce n'était pas moi, avec mes pensées actuelles, adulte, dans un autre corps, mais bien moi telle que j'étais, telle que je voyais la vie, telle que je la respirais à 5 ans. J'ai su alors en me réveillant que la petite fille existait toujours. J'ai eu la preuve que mon inconscient avait tout gardé d'elle. Il est vrai que cela fait longtemps que je travaille à me reconnecter vraiment à elle, mais je crois que d'avoir la "preuve" de son existence éternelle m'aide beaucoup et est un  cadeau merveilleux que je me fais.

Ce rêve était si beau, si beau... D'où venait sa beauté? En quoi suis-je si différente de cette petite fille aujourd'hui? Pourquoi, alors que j'ai toujours gardé cette capacité à m'émerveiller, il y a malgré tout quelque chose de différent qui fait que je garde une profonde nostalgie de ces moments d'enfance, les voyant comme quelque chose de perdu ? J'ai beaucoup réfléchi sur cet émerveillement que nous ressentions, sur cette joie de vivre qui jaillissait de nous, sur ce moment présent que nous vivions, l'un à côté de l'autre, ensemble, mais séparés. Et là m'est venue la clé de ce moment si merveilleux.

L'innocence. C'est le mot qui m'est venu à l'esprit. La beauté réside dans ce regard et ce coeur innocent que nous avions. Cette innocence, synonyme de pureté, ce sentiment de ne rien faire de mal, de juste faire quelque chose de naturel. L'innocence n'est pas la naïveté; pour pouvoir vivre en toute innocence, il faut simplement suivre le rythme de la vie, ne pas lutter contre les évènements, accepter les choses telles qu'elles sont. Tout est "normal", et tout est source d'émerveillement. La naïveté, je la définirais plutôt comme une conviction que rien ne changera, que tout est bon et beau. L'innocence, c'est agir sans penser au lendemain mais en total accord avec le mouvement actuel de la vie. En d'autre termes, la naïveté c'est croire qu'il n'y aura jamais de vagues dans la vie, l'innocence c'est accepter tout simplement qu'il y ait des vagues et juste les suivre sans se poser de question, voire même d'en être curieux, comme de toute source d'apprentissage. Cette innocence, c'est celle de la petite fille qui ne comprend pas pourquoi tout le monde est triste à un enterrement, parce que c'est quelque chose de normal de mourir, c'est encore cette autre enfant qui ne se préoccupe pas du tout quand sa soeur disparait de sa vie une fois fiancée mais qui pense juste que ça doit être normal et qui accepte parce qu'elle est consciente qu'elle découvre et apprend tout de la vie chaque jour, enfin, c'est moi qui ne me suis jamais demandé si un jour j'allais revoir ou ne plus revoir ce petit garçon avec lequel je m'entendais si bien et passais des moments si joyeux.

Au réveil, son prénom m'est revenu. Il s'appelait Florentin.

Réapprendre l'innocence de l'enfant que nous sommes, se rappeler quand nous suivions le mouvement de la Vie, sachant qu'en l'écoutant avec toute notre soif de découverte elle nous permet d'apprendre indéfiniment et rend alors notre vie toujours plus riche, la remplissant de tous ces nombreux trésors. Voilà ce a quoi nous sommes appelés.


L'importance du Mystère


Il ne faut pas croire que la Beauté passe uniquement par la douceur, c'est une erreur. Je pense que la Beuté passe avant tout par l'authenticité.

Prenons un exemple. Un volcan en éruption. Où se trouve la douceur? Où se trouve la paix? Les voyons-nous, les ressentons-nous? Non. Et pourtant, qui ne verra pas la Beauté dans cette explosion de lave meurtrière? C'est donc bien que la Beauté est ailleurs. Elle est dans cette explosion de puissance, cette pureté primale, cet écrasement devant quelque chose d'éternel et, une fois encore, qui échappe à notre entendement.

La Beauté que je ressens devant le volcan en eruption réside essentiellement dans son Mystère. Voilà vers quoi je veux vous emmener. Voir le mystère sous jacent dans la Nature. Le Mystère fait partie intégrante de la Vie et vouloir à tout prix l'annuler, le réduire à une simple explication scientifique, c'est nier que nous ne sommes que de simples humains qui ne savons rien et ne connaissons rien et ne comprendrons jamais la finalité de toute chose.

Savoir respecter le mystère pour ce qu'il est, s'incliner devant lui en toute humilité, c'est remettre les choses à leur place et reconnaître que nous serons toujours que bien peu de chose devant la puissance de la Vie, que notre passage ne vaut pas plus qu'un grain de poussière (mais qu'il peut faire des ravages comme on le voit malheureusement...).

En toute conscience, faisons en sorte alors de transformer notre passage en pluie d'or...

mardi 22 septembre 2015

De la Beauté


Qu'est-ce que j'entends par Beauté? Sans doute est-ce par là que j'aurais dû commencer.
La Beauté n'est pas une question d'esthétique. Du moins, pas uniquement. Pour moi, la Beauté se rapproche de la conception taoïste, telle qu'on la trouve au cœur de la peinture orientale.

La Beauté est avant tout une harmonie, un équilibre, un bien-être. Ce n'est pas une énergie en soi, mais. une interaction, celle des éléments créés avec l'intention du créateur. C'est une harmonie qui dépend de tout. Pas uniquement des éléments visibles, mais aussi innérante à l'âme de la création. C'est pour cela que la Beauté se doit d'être avant tout intemporelle. La Beauté n'est pas dépendante des modes et des pensées, elle n'est pas liée à l'intellect. La Beauté sublime cela. C'est pour cela que la Beauté n'est pas uniquement une histoire d'esthétique, toujours dépendante des modes. La Beauté est une harmonie invisible, un quelque chose d'indéfinissable, et surtout d'intemporel.

La meilleur définition que je puisse trouver est celle de la peinture orientale taoïste. Pour ces derniers, la Beauté (dans une peinture notamment) dépend du Souffle. Le Souffle est cette inspiration de Vie qui passe dans le trait et est révélée par le vide dans la peinture. Le Souffle passe par le non-dit, le non exprimé qui recèle l'infinité des possibles et permet aussi l'infinité des visibles. Mais ce Souffle étant invisible, comment le définir? Par l'Intention du Créateur. Nous le savons, tout est énergie. Et bien que nous ne les voyons pas, nous les ressentons. Un même trait dessiné dans la colère ou dans l'Amour n'aura pas le même impact sur nous. Faites l'essai et voyez par vous-même. Nous sommes tous capable de sentir.
Ainsi donc, je dirai que la Beauté est donc avant tout une Intention du créateur qui libère une émotion positive (joie, douceur, bien-être...). La Beauté, c'est cette trace évidente de Vie.

Il y a cependant un dernier élément qui me parait indispensable à la Beauté. Je parlais précédemment du côté intemporel de cette dernière. Intemporel ne signifie pas éternel. Pour moi la Beauté se doit de recéler cette partie infime de fragile dans son côté éphémère. Pour ressentir la Beauté, nous devons être conscient de sa fragilité, de son éphémère. Quoi de plus beau qu'une goutte de rosée qui va disparaîter dès l'apparition du Soleil= Quoi de plus beau que le sourire d'une personne qui ne va durer que quelques secondes? Quoi de plus beau qu'un papillon que l'on peut admirer que quelques secondes avant qu'il ne s'envole? Je crois pour ma part que la Beauté n'est effectiement que quelque chose que - consciemment ou inconsciemment - nous savons éphémere. Et c'est cela qui nous touche au plus au point, qui nous émeut parfois jusqu'au larme. Par la Beauté, nous touchons à un "non-dit", "non exprimé", "non défini" qui nous fait toucher du bout du doigt quelque chose d'éternel, qui passe à ce moment-là dans une chose délicate et fragile.

Rendre grâce à la Beauté, c'est reconnaïtre cet éternel indéfinissable dans l'éphémère si fragile et le respecter pour ce qu'il est: quelque chose que nous ne pouvons pas comprendre, mais juste accueillir.

Au coeur du présent


Il y a deux jours, je fais un rêve très fort dans lequel on me disait qu'on m'emmenait au Groenland. Hier, je tombe tout à fait fortuitement sur ce magnifique texte d'Alain Gourhant sur l'Arctique. Cette nuit, je suis réveillée par le mail d'une amie m'envoyant des photos d'aurores boréales auxquelles elle assiste actuellement.
Le grand Blanc m'appelle, il me murmure quelque chose... trois mots: "Secret, Silence, Solitude". La règle des trois S. Cette règle m'évoque le foetus dans le ventre de sa mère...

Le grand blanc, c'est le retour à la Source. Là où n'y a rien, là où il n'y a plus ni temps ni lieu, il incarne le coeur de la Nature. C'est le coeur du Silence, c'est la Solitude absolue, c'est le Secret de la Vie. Il est intemporel car sans aucune marque du passage du temps; l'homme semble n'y avoir jamais existé, Or, seul l'homme marque le temps. Par ses constructions, leur érosion indiquent une différentiation entre le passé et le présent. Les techniques et les styles marquent une époque. En revanche la Nature n'indique rien de tout cela.

Un arbre reste toujours un arbre. Il ne change pas de forme selon les époques. L'eau et la glace restent toujours identiques dans leur apparence et leur essence à celles des temps premiers. Le ciel également. Bien sûr tout est cyclique et c'est bien cela qui permet à la Nature de sortir du temps. Une mort est suivie d'une vie. La mort se fontd totalement avec la Terre pour faire place à une nouvelle vie.

L'erreur des hommes est d'avoir voulu poser des actes qui perdurent dans le temps. À partir de ce moment là, le temps est né car en rupture avec le rythme naturel des choses. C'est une action de force contre le mouvement de Vie. Seul en respectant le courant du Temps, nous pourrions en sortir. Respecter le courant naturel, c'est accepter que tout à un début et une fin et que c'est bien ainsi.

Lorsque je me projette dans ces paysages infinis de glace, c'est cela que je vois. L'éternel présent. De tout temps, chaque conscience voit le même paysage à la fois identique et toujours différent. Il nous ramène au coeur du Présent. Présent éternel. Coeur du silence. Source de toute chose. Début et Fin tout à la fois.

Et là je comprends les 3 S. Secret, Silence, Solitude. Seuls ces trois conditions peuvent nous faire vivre le moment présent. Tel le foetus dans le ventre de sa mère, la règle des 3 S est celle que nous avons appliqué dès le commencement de notre vie, c'est notre premier apprentissage et c'est celui que nous sommes appelés à retrouver. Cette règle est là pour nous apprendre à nous concentrer sur l'instant, à diriger toute notre intention et nos énergies vers le seul objectif qui compte: ETRE. Vivre. Ici et maintenant.

En définitive, paradoxe de la chose, pour atteindre l'éternité, l'homme n'a qu'une chose à faire: se fondre dans le présent. Oublier toute conception du passé et du Futur pour entrer à chaque fois plus dans le coeur du présent, à l'image des animaux, à l'image des éléments, à l'image de la Nature, à l'image de la Vie.

L'homme, être vivant, n'est fait que pour une chose: vivre, ici et maintenant, jusqu'au moment où il mourra tout naturellement.


lundi 21 septembre 2015

À l'image des abeilles


A la lecture de textes envoyés par un ami, je m'arrête, sidérée, émerveillée, sur ces mots: "La abeja produce miel a partir de las más amargas flores". Autrement dit "L'abeille produit du miel à partir des fleurs les plus amères".
Je sentais une fois encore, un message clair et simple qui me parlait, au plus profond de moi. Me fiant à mon ressenti, je décidais de me poser et de creuser cette impression.

La Nature est un Livre qui nous est offert afin de comprendre le mode d'emploi de la Vie, Toutes les réponses sont offertes à celui qui saura le lire - déjà les Taoïstes l'avaient compris. À travers des observations simples, nous pouvons apprendre pour notre propre façon d'agir afin de faire de notre passage sur cette Terre un séjour apaisé et en harmonie.

C'est ce que j'ai ressenti notamment avec la fleur de pissenlit et que je ressens aujourd'hui avec la fabrication du miel.
La Vie est Beauté. Et malheureusement, pour beaucoup de choses, nous ne savons plus la voir, tant nous nous restreignons à notre quotidien, tant nous nous complaisons dans notre malheur qui nous excuse pour ne pas agir, tant nous nous sentons à part, coupé de tout, et surtout, de la vie sur la Terre.

Ghandi disait: "Incarne le changement que tu veux voir dans ce monde". Ce que je veux voir resplendir dans le Monde, c'est la Beauté. Alors, je me dois de la diffuser quand je la vois, et il n'y a pas à chercher bien loin. Elle est partout autour de nous, quelles que soient nos conditions de vie. Car la Beauté est inhérente au vivant et n'a rien à voir avec nos modes et pensées ni notre degré d'intelligence.
Notre monde, de plus en plus malade, la refuse, ne veut pas la voir et  cherche même à la briser. Mais si nous savons regarder, nous la verrons, indestructible en toute chose.
Tel est ici le message de l'abeille: "Je transforme l'amer en miel".  L'abeille a-t-elle fait de hautes études, a-t'elle passé des nuits blanches entières afin de comprendre cette évidence? Non. Elle a juste agit en fonction de sa nature. Et par cette authenticité, par cette cohérence avec son être, elle crée le Beau, elle crée le miel, douceur suprême, elixir des dieux juste en étant elle-même, et ce, sans même sans rendre compte.
L'abeille nous invite à suivre le même chemin. Car nous aussi, sommes au même degré qu'elle, un habitant de cette terre appellé à ÊTRE ce que nous sommes et alors, sans le savoir, sans le comprendre, mais par une simple loi du Vivant, nous transformerons nous aussi l'amertume - physique, morale et émotionnelle - en douceur. Aujourd'hui, je veux suivre le chemin de l'abeille...


dimanche 20 septembre 2015

Pourquoi ce blog


PASSÉ:
Seule dans ma grotte, je me terrais. Les êtres humains, je les fuyais. Seuls les animaux trouvaient grâce à mes yeux. Seul leur authenticité me parlait. Je les cherchais, partout, en tout. Animaux, plantes, je souhaitais ne faire plus qu'un avec eux, fuyant mes confrères humains. Je partis au Kenya, rencontrer les éléphants. Choc de cette rencontre avec eux, les zèbres, les aigles et... les girafes... mes soeurs. "Sois flexible" "prends de la hauteur" voici ce que j'appris d'elles.
De retour dans ma grotte, je ne savais pas comment conjuguer ces messages de vie si fort, si juste, si vrais avec la société de laquelle je me sentais à chaque fois plus séparée. Que faire, comment faire pour être en accord avec la Vie? Pour être utile? Que faire, que faire?...

PRÉSENT:
Un jour je m'arrêtais éblouie devant une fleur de pissenlit. Et j'ai compris. J'ai compris qu'il n'y avait rien d'autre à faire. Comme cette simple fleur de pissenlit. Juste être. Accueillir la vie, toute tendue vers cet unique objectif. La fleur de pissenlit ne sait pas pourquoi elle est là, ni ce qu'elle doit faire, son utilité. Mais moi, je la regarde et m'émerveille car par sa simplicité, elle diffuse la beauté, parce qu'elle EST. Et en étant, elle remplit son rôle. Celui de capter le soleil, celui de nourrir les insectes, celui d'éblouir Circé qui passe. Rien d'autre ne lui ai demandé. Elle n'en a pas conscience, mais en étant elle diffuse la Vie et la Beauté autour d'elle. Tel est mon but désormais. Suivre le chemin de la fleur de pissenlit. Incarner ce que je souhaite voir resplendir dans le monde: la Beauté.